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Pauline Croze comble les Trois Baudets

Pauline Croze comble les Trois Baudets

Photo Déborah Galopin

Photo Déborah Galopin

Quand je pense à l’artiste qui m’a ouverte à la chanson Française, c’est à Pauline Croze que je songe. Encore collégienne, pendant que d’autres écoutaient les ondes radiophoniques sans saveur, c’est son album qui passait en boucle dans ma chambre de pensionnaire. Vous l’aurez compris, Pauline Croze n’est pour moi pas n’importe quelle chanteuse, elle est intimement attachée à ma personne, à ma passion de la découverte et de la musique. Aussi, c’est avec émotion que je suis allée la revoir sur la scène des Trois Baudets ce mardi 15 Décembre .

Avec un total de six dates dans l’année, On peut dire que Pauline Croze est une habituée de cette salle. Habituellement seule sur les planches, elle a terminé cette saison 2015 en invitant plusieurs artistes à l’accompagner et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a été gâté: Fixi du groupe Java, Nawel, Ours, Féloche et Julie Ferrier ! L’ambiance y était différente de son concert du 8 avril : un poil moins intimiste, plus jovial surtout. Pauline Croze ne s’est pas assise sur scène pour chanter sans micro. Pauline n’est pas venue nous tirer quelques larmes. Pauline a ri, elle nous a communiqué sa joie et on l’a tout autant appréciée. Néanmoins, une chose n’a pas changé pas : cette proximité qu’elle tisse avec son public. Nous étions avec elle, nous étions là pour l’écouter, mais à son tour elle nous écoutait et nous répondait. Finalement, qu’importe le rapport qu’on a avec sa musique, que nous l’ayons suivie dès ses débuts ou bien qu’on la découvre le soir même, car elle instaure un lien avec son public. On a d’ailleurs l’impression qu’elle a bien évolué depuis ses débuts. Son premier album sortait il y a dix ans, en 2005, pour seul titre son nom. Cheveux courts, regard timide, sur fond rouge. Si elle s’est mise à nu, aujourd’hui elle semble totalement s’affirmer sans perdre pour autant cette sensibilité qui la caractérise.

Photo Déborah Galopin

Photo Déborah Galopin

Pas de premier groupe pour ouvrir le bal. Pauline Croze couvre intégralement la soirée. Elle commence avec Valparaiso, dernier titre de Un bruit qui court. A peine, sommes-nous installés avec elle, qu’elle chante que « personne ne veut jamais en partir » et c’est bien vrai. Les notes sont douces et voluptueuses, sa voix se saccadent mais toujours pour s’envoler un peu plus loin. La légèreté est probablement ce qui la caractérise le mieux. Bien qu’elle ait produit trois albums dont Un bruit qui court et Le prix de l’Eden, c’est toujours à son premier qu’elle revient pour le plus grand plaisir de son public. Pour preuve, c’est spontanément qu’il fredonne sur Mise à nu et qu’il chante avec elle M’en voulez-vous ? Elle nous offre également quelques inédits comme Fièvre et Tu es partout, qui nous laisse penser à un prochain album prometteur. Cette chanson où elle évoque une mère partie mais plus que jamais présente, émeut sans se faire mélancolique pour autant.

Photo Déborah Galopin

Julie Ferrier – Photo Déborah Galopin

Chacun des invités a donné une large dose de bonne humeur. Julie Ferrier est venue sur scène grimée en Martha. Pauline Croze nous l’a présentée comme sa cousine portugaise. Affublée de larges lunettes, de cheveux courts, on croit à son personnage. Julie-Martha chante avec Pauline a capella, Dans la chaleur des nuits de pleine lune, avec un accent. Elle a joué la comédie jusqu’au bout, déclenchant des éclats de rire par sa façon de parler et ses expressions loufoques. Elle s’est mise à danser façon danse africaine, a lancé théâtralement son châle sur le premier rang. « Pauline c’est pas la merde ! Dans la famille, on l’appelle la fée. Je pense que c’est plus que du talent, c’est de la magie ! » Pauline, flattée des compliments « ne sait plus quoi dire.» On l’a enjoint de chanter. Ca tombe bien: elle était là pour ça. Féloche l’a accompagnée sur un autre titre à la mandoline. C’est au balcon qu’il est apparu, pour venir ensuite la rejoindre sur scène. Nawel, elle, est venue poser sa voix algérienne sur Mal Assis. Chaque artiste apporte à ce concert un peu plus de saveurs et nous donne un nouveau visage de la femme fragile que nous connaissons.

Pauline Croze a fini en rappel sur Dans la ville. « J’avais pensé quelques fois / tiens il faudrait retenir / le nom de cet endroit / il faudra revenir. » Sans aucun doute, qu’on reviendra encore et encore. Bien que le set se soit étendu sur plus d’une heure et demie avec quatorze morceaux, on ne l’a pas vu passé. Les cinq invités ont chanté Tu es partout avec Pauline, prolongeant notre plaisir avant de s’incliner sous les applaudissements et qu’on se dise « à la prochaine ».


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deborah-galopin@live.fr

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