HomeInterviewsMélisse Bernad, lauréate du tremplin 2015 d’A Thou Bout d’Chant

Mélisse Bernad, lauréate du tremplin 2015 d’A Thou Bout d’Chant

Mélisse Bernad, lauréate du tremplin 2015 d’A Thou Bout d’Chant

La drômoise Mélisse Bernad, 21 ans, vient de remporter la finale du tremplin d’A Thou Bout d’Chant, un des tremplins de la chanson les plus réputés en région Rhône-Alpes. Les plus récents vainqueurs s’appellent Philibert, Zim, Lisa Bracadabra, tous présents sur les scènes musicales lyonnaises. Lors des qualifications du tremplin 2015, Mélisse avait déjà remporté à la fois le prix du jury et celui du public. Comme plusieurs artistes, elle a choisi de se former musicalement à l’Ecole Nationale de Musique (ENM) de Villeurbanne qui dispose d’un département chanson où sont passés notamment Sarah Mikovski, Hélène Piris, Martin Luminet, Anissa Karat, Lisa Bracadabra et Antoine Bertazzon qui sont des élèments reconnus de la jeune scène lyonnaise. Rencontre avec cette jeune artiste qui évoque son parcours musical, ses projets et son expérience à l’ENM de Villeurbanne.

Photo Yves Le Pape

Photo Yves Le Pape

Hexagone : Comment as-tu débuté la musique ? 
Mélisse Bernad : Pour mes 14 ans ma mère m’avait offert une guitare. J’étais dans un lycée agricole et j’avais des copains avec qui on faisait un peu de musique et surtout du théâtre…. on faisait de la musique de cows-boys, et pour cause, on était cavaliers ! A l’internat on composait des petites chansons, sans prétention. J’étais venue là pour travailler dans le monde équestre. Mais finalement c’est la musique qui m’a intéressée le plus et mes profs m’ont conseillé de revenir dans l’enseignement général et c’est ainsi que je suis arrivée à Lyon en 2009 pour entrer en seconde au Lycée Lumière où il y a une spécialité musique. C’est d’ailleurs grâce à la musique que j’ai eu mon bac.

Hexagone : Tu as choisi ensuite de pousser plus loin ta formation à la musique ? 
Mélisse Bernad : Après le bac je me suis inscrite à la fac en année préparatoire de « musique et musicologie » à l’Université Lyon 2. C’est une formation très théorique et je ne suis restée ensuite en licence que 2 mois car j’avais été admise entre temps à l’Ecole Nationale de Musique (ENM) de Villeurbanne où je suis entrée en septembre 2013. On passe pour cela des auditions pour chacun des ateliers qu’on veut y suivre. La durée des études dépend du parcours de chacun dans les 3 cycles de l’enseignement qui peut s’achever par un « 3ème cycle renforcé » conduisant à un Diplôme d’Etudes Musicales.

Hexagone : Qu’apprends-tu à l’ENM ? 
Mélisse Bernad : Dans la formation chanson, je suis un cours de Pierre Delorme intitulé « accueil auteurs compositeurs » mais aussi des cours de technique vocale, de formation musicale (solfège, harmonie), du chant choral et d’analyse de chansons. J’ai intégré la classe de chant Jazz depuis septembre, c’est moins « naturel » que la chanson pour moi, mais tout se répond. Les cours sont dispensés par une équipe de professeurs dont Gilles Pauget, Anne Fromm, Pascale Auffret, Sylviane Fessieux, et Jean-Pierre Caporossi, qui a pris la direction du département cette année. Toutes sortes de gens participent à ces ateliers, des gens de tous bords et de tous âges sans nécessairement un projet professionnel. C’est un superbe laboratoire  de la scène, de collaborations, d’outils techniques…. que j’adore !

melisse-bernad-31-05-2015-@presse-Hexagone : On vous apprend aussi comment fonctionne le statut d’intermittent ? 
Mélisse Bernad : Pas du tout. Sur ce sujet c’est le vide. Mon père est intermittent du spectacle et, sur ces questions là, c’est lui qui m’explique et heureusement. Il est musicien, comédien et chanteur et travaille avec la compagnie Transe Express basée à Eurre (26). D’autre part, son travail est principalement axé autour des musiques anciennes et traditionnelles. Mais quand bien même il m’explique les choses avec beaucoup de passion et d’attention, j’ai l’impression que le milieu des musiques actuelles est différent. Il y a en fait toute une équipe derrière un artiste. Je côtoie des gens d’un autre spectacle vivant, où chacun « est » sa propre entreprise avec toutes les casquettes en même temps et j’ai encore des mystères à élucider quant au fonctionnement du milieu des musiques actuelles. En même temps, rester proche de quelque chose de l’ordre de l’artisanat me semble indispensable. Je pense que nos profs peuvent aussi nous en parler, si nous en faisons la demande.

Hexagone : Tu as aussi un autre projet que celui d’auteur-compositeur-interprète ? 
Mélisse Bernad : Effectivement. Ce sont les Funky Sardines, un duo né en 2014, qui propose un spectacle qui s’appelle «Récital Aquatique». C’est un récital de chansons françaises avec des personnages totalement clownesques. L’esthétique est très kitsch, on prend beaucoup de plaisir avec ce spectacle. Pierre Delorme nous a d’ailleurs donné un coup de main, mais il « décline toute responsabilité » !

Hexagone : Tu sais déjà quelles chansons tu veux faire à l’avenir ? 
Mélisse Bernad : C’est compliqué car je suis au début de tout. J’écris donc ce qui me vient, sans me donner de contraintes de style. Sort ce qui veut bien sortir et je ne maîtrise pas tout ça encore, loin de là.

Hexagone : Quels sont les artistes que tu aimes ou qui t’inspirent ? 
Mélisse Bernad : Depuis toujours je suis touchée et admirative de Jacques Brel. C’était « mon ami Jacques » quand j’étais petite, quel culot quand même ! Mes parents écoutaient TSF, Chanson plus bifluorée, Lhasa, Les Frères Jacques, Dick Annegarn… et j’écoutais beaucoup Boby Lapointe, Barbara bien sûr, Serge Gainsbourg, Paris Combo, Sanseverino, Juliette, et avec mon grand frère on adorait Fred Radix.

melisse-bernad-31-05-2015-@presse--2Hexagone : Le tremplin d’A Thou Bout d’Chant était-il ton premier tremplin ? 
Mélisse Bernad : Oui, c’était mon premier tremplin car je n’osais pas « sortir » mes chansons avant qu’un ami ne m’y inscrive.

Hexagone : Quels sont tes projets pour les prochains mois ? 
Mélisse Bernad : Les Funky Sardines ont quelques dates dans des festivals de la Région. Je vais écrire de nouvelles chansons, et travailler avec Frédéric Allérat, un pianiste qui accompagne aussi Hélène Piris, un musicien génial. Et grâce à ce tremplin je vais être accompagnée par A Thou Bout d’Chant l’année prochaine. J’ai très envie depuis longtemps de faire le tremplin « Et en plus elles chantent ». Je pense envoyer ma candidature pour la prochaine édition, maintenant que je suis sortie de ma tanière.

Hexagone : Et que penses-tu de The Voice où Anne Sila, drômoise comme toi, s’est présentée cette année ? 
Mélisse Bernad : J’ai croisé un jour Anne Sila ; on partageait une loge il y a quelques années. Elle est géniale ! J’avais l’impression que c’était ma copine alors qu’on ne se connaissait pas. Je ne l’ai pas revue depuis mais on garde un vague contact grâce à Facebook. Pour ma part, The Voice ne m’attire pas, en tout cas pas pour le moment. Par contre, avec les Funky Sardines on a eu une proposition pour participer à « Incroyables talents » sur M6. Ils nous avaient repérées à l’occasion d’un tremplin à la Foire de Lyon. On a repoussé l’offre pour le moment car on se sentait trop jeunes dans notre travail pour aller se jeter dans la gueule du loup. On essaye de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Hexagone : Tu ne vas pas choisir un jour entre tes deux projets ? 
Mélisse Bernad : Non pas du tout. Les projets se nourrissent l’un l’autre.


Mélisse Bernad va faire l’ouverture de la saison d’A Thou Bout d’Chant en première partie de Buridane les 17 et 18 septembre. Les Funky Sardines y sont programmées le dimanche 8 novembre à 17h. D’autres propositions lui seront faites dans cette salle en 2016.

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yveslepape@free.fr

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